La prévision de trésorerie

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Jean DUPONTJean Dupont
Consultant en trésorerie d’entreprise
Intervenant EFE à la formation « Établir des prévisions et gérer la trésorerie sur tableur » qui aura lieu les 6-7 octobre 2016 à paris

Il y a une quinzaine d’années, la prévision de trésorerie était l’une des composantes du travail du trésorier d’entreprise. Aujourd’hui pour beaucoup de trésoriers, maîtriser et gérer la trésorerie de leur entreprise constituent leur fonction principale. Cette tâche est devenue une nécessité incontournable sous la triple contrainte de marges sous pression engendrant un taux d’autofinancement au plus bas, de l’application aux banques des normes prudentielles dites de Bâle III les conduisant à être très vigilantes dans la distribution du crédit (notamment aux PME et ETI), et des informations financières à fournir aux actionnaires comme aux banquiers.

Plus aucune entreprise ne peut se permettre d’écarts significatifs entre ses prévisions et la réalité de son cash sous peine d’assumer des conséquences pouvant se révéler dramatiques (au mieux une dégradation de son scoring par les agences de notation entraînant des conditions de paiement plus défavorables auprès de ses fournisseurs, au pire une cessation de paiement).

Pour gérer, il faut prévoir. Une bonne organisation ne doit pas se limiter à une information quotidienne sur le niveau de sa trésorerie disponible. Maîtriser sa trésorerie nécessite de disposer d’éléments précis sur l’évolution probable de l’environnement pour les semaines et les mois à venir compte tenu d’hypothèses plausibles (chiffre d’affaires, coûts d’approvisionnement, salaires, impôts et taxes, versement de dividendes, parités de change, niveau des taux d’intérêt…).

En premier lieu, la prévision se doit d’être à court terme (quelques jours à quelques semaines). Il s’agit d’un horizon opérationnel permettant au trésorier d’optimiser son cash disponible par un pilotage au mieux des délais de paiement et d’encaissement. Par ricochet, sont optimisés les agios bancaires (via le volume et le type de lignes de crédit tirées).

Sur un horizon de six mois à un an (glissant pour éviter les effets de date butoir), les prévisions de trésorerie moyen terme permettent d’anticiper et d’orienter les choix stratégiques de l’entreprise (croissance interne, externe…) en fonction du cash généré ou nécessité par l’activité économique de la structure. Elles servent aussi à justifier les demandes d’engagements auprès des banquiers (ces derniers ayant toujours besoin d’être rassurés sur la solvabilité de leurs clients).

Pour atteindre ces objectifs court et moyen terme, le trésorier mettra en place des règles de gestion et des formules de calcul permettant d’obtenir automatiquement la valeur de chaque poste du résultat, du bilan et des flux de trésorerie à partir d’hypothèses comprises et partagées par tous (direction, commerciaux, service achat…).

À priori, ce modèle de prévisions permet non seulement d’anticiper l’avenir selon les éléments prévalant au jour de leur élaboration, mais également d’appréhender les impacts de chaque orientation  possible : ceci pour décider des actions intermédiaires ultérieures qui faciliteront l’atteinte par l’entreprise de ses objectifs originels le cas échéant.

Avec quelle fréquence doit-on générer à nouveau de nouvelles prévisions ? La fréquence dépend de la rapidité de variation des hypothèses de l’environnement : dans un environnement relativement stable, où les commandes sont pluriannuelles et quasi certaines, une prévision mensuelle est largement suffisante. Au contraire, si l’entreprise se trouve dans une situation financière difficile ou doit tenir compte d’un environnement mouvant, une nouvelle prévision chaque semaine est le minimum requis. Elle s’accompagne volontiers en sus d’une approche d’intelligence économique et de veille concurrentielle plus prononcée.

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