Coup de projecteur sur la construction des business plan

hugues-de-noray-3Hugues de Noray
Associé, ADVOLIS
Intervenant EFE sur la formation « Élaborer un business plan – Niveau 2 » des 20 et 21 décembre 2016 ou des 12-13 juin 2017 à Paris

Périodiquement, les dirigeants d’entreprises sont confrontés aux enjeux d’élaboration des business plans. Les mêmes questions, les mêmes tentations ressurgissent. L’éclairage d’un professionnel de l’information financière peut apporter de la fluidité et de la pertinence à cet exercice, au service des objectifs stratégiques des entreprises.

Rédaction Analyses Experts : Les dirigeants ne sont pas toujours familiers de l’élaboration d’un business plan ; quelles sont les questions qui reviennent le plus souvent ?

Hugues de Noray : La question la plus fréquente porte sur le niveau de complexité du modèle. Les trois dimensions du business plan sont concernées : le périmètre des activités (comment présenter les projets futurs, les synergies, les désinvestissements, etc.), l’horizon des projections et, bien entendu le niveau de détail (granularité des données, prévisions de trésorerie, etc.). La réponse est différente selon les objectifs poursuivis, car la complexité ne peut pas être une finalité en elle-même.

Puis viennent les questions d’organisation de la collecte des informations, du partage des analyses et de la validation des options de travail. Il est frappant de constater que beaucoup de responsables sont convaincus que leur pratique est la meilleure. Le poids des habitudes est parfois contre-productif parce que, là encore, la lourdeur des processus prétend servir la « qualité » du résultat. Pourquoi pas un business plan qui interroge en profondeur les vrais enjeux (l’évolution du chiffre d’affaires) et qui est capable de poser des hypothèses simplificatrices sur d’autres sujets ?

Enfin, assez rapidement, les responsables cherchent à comparer les indicateurs, les agrégats ou les tendances avec leur secteur. Et ils ont parfaitement raison : le business plan n’est pas (seulement) un exercice narcissique de projections de données internes, c’est aussi l’occasion de se confronter aux hypothèses de marché et d’intégrer tous les paramètres clés de l’environnement de l’entreprise. L’accès à des bases de données financières est alors indispensables pour répondre à ce type d’attentes.

Rédaction Analyses Experts : A-t-on le droit de se tromper en construisant un business plan ?

Hugues de Noray : Il y a plusieurs types d’erreurs. Bien sûr, les erreurs matérielles sont à bannir, ce qui suppose des mécanismes de contrôle. Les erreurs d’appréciation ne sont pas mises en évidence immédiatement : la réalité est toujours différente des prévisions. C’est l’art des dirigeants de limiter ces écarts. Mais il faut admettre que ce type d’erreur puisse exister, sans quoi les dirigeants n’oseront plus rien afficher d’autre que le prolongement de l’historique, ce qui est absurde. Finalement, il n’y a qu’une seule catégorie d’erreur impardonnable : l’incohérence. Un business plan se construit, comme un bâtiment, en intégrant des éléments variés. Les contradictions, les invraisemblances et les incohérences avec les fondamentaux des entreprises, voire les décisions stratégiques, sont des signes d’amateurisme. Ces business plans perdent alors leur crédibilité. A quoi peuvent-ils alors servir ?

Rédaction Analyses Experts : Où trouver des exemples de bonne pratique ?

Hugues de Noray : Les business plans ont des cercles de diffusion restreints. Il n’est jamais facile de se tenir au courant des bonnes pratiques. Les ouvrages consacrés aux business plans sont assez souvent décevants, trop réducteurs. J’attire votre attention sur la parution prochaine, sans doute début 2017, d’une brochure de l’APEI (Association Professionnelle des Experts Indépendants) consacrée au business plan : c’est le fruit d’un groupe de travail de professionnels confrontés quotidiennement à la revue critique de business plan.

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