L’innovation financière ou l’ennemi de l’employabilité des cadres bancaires et financiers

Jean-Michel ROCCHI
Président de société
Professeur affilié à L’université de Paris Dauphine
Intervenant EFE sur la formation certifiante « Finance d’entreprise » du 13 mars au 7 juillet 2017 à Paris

« Ce qui est simple est faux. Ce qui est compliqué est inutilisable », Paul Valéry.
Le Corporate Finance fait régulièrement son aggiornamento sous l’effet des ingénieurs financiers des grandes banques d’affaires internationales qui diffusent ensuite leurs innovations dans le marché. Il en résulte que le rythme des innovations financières à une incidence directe sur l’obsolescence des connaissances des financiers en poste.

La Finance avec les secteurs de la Technologie et de la Santé est probablement un des secteurs ou la remise à jours régulière de ses connaissances est la plus indispensable faute de voir son employabilité se dégrader très rapidement. Trois petits exemples tirés du Corporate Finance dans le contexte français.  Pour la plupart des financiers, le bon sens veut qu’une obligation cotée en bourse soit émise par une société préalablement cotée, ce n’est plus le cas depuis 2012. En effet, Euronext via la création du marché des Initial Bond Offerings (ou IBO) permet aux sociétés familiales hostiles à l’ouverture de leur capital de néanmoins coter en bourse des obligations ayant fait l’objet au préalable d’une notation financière (ou rating) par des agences spécialisées dans les PME-PMI et ainsi de s’y financer.

Autre exemple, les LBO étaient traditionnellement présentés comme une fusée à trois étages (dette senior, dette junior et equity). Depuis 2013, une technique apparue quelques années auparavant dans les pays anglo-saxons se diffuse dans l’hexagone. En vertu de celle-ci la dette Unirate unifie la dette senior et la dette junior. Désormais, parfois la fusée n’a que deux étages notamment dans les LBO de taille moyenne ou grande.   Enfin, en 2015, sont apparues les obligations convertibles non convertibles qui consistent à assurer la même plus-value (pay-off) qu’en cas de conversion, mais celle-ci n’a jamais lieu.

Il en résulte qu’il n’y a donc aucune dilution puisqu’aucune action nouvelle n’est alors créée. Le mécanisme assez complexe repose sur le fait qu’une banque d’affaires émette et gère en plus de l’obligation une option synthétique en dehors de la monnaie au moment de l’émission. Pour conclure, comment ne pas terminer sur la terminologie, les financiers à tort ou à raison, de façon volontaire ou subie, parlent de plus en plus un jargon de spécialistes fait de mots spécifiques et souvent incompréhensible des non initiés. On trouvera ci-dessous un test in vivo des acronymes ou expressions de survie pour faire son auto-évaluation. Connaissez vous l’acception précise des mots suivants : vimbo, earn-out, build-up, unirate, ibo, sbo, mac clause, SPAC, et enfin une innovation majeure de 2015 a donné naissance à des nouveaux acronymes anglo-saxons les ENCB et NDCSCB ?

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