Contrôleur de gestion : un métier en pleine mutation

La Rédaction Analyses Expert : Quelles sont les grandes problématiques actuellement rencontrées par le contrôle de gestion ?

Une fois de plus, on pourrait citer, pour être tendance, le traitement des données, la numérisation, la digitalisation, les systèmes d’informations de plus en plus perfectionnés, et la rapidité ou la fréquence de l’information. Ce sont des investissements significatifs.

Mais, l’analyse des groupes en formation de contrôle de gestion chez EFE démontre un renforcement d’une problématique constante : le besoin de développer la capacité à analyser les données, d’acquérir pour cela les bons réflexes de la fonction, de savoir expliquer les écarts… bref, tout ce qui fait la valeur ajoutée du contrôle de gestion comme outil de pilotage de la direction, et tout ce qui ne se modélise pas… Qui prétendrait mettre en équations et en traitements récurrents des événements incidents et inédits, des causes de dérives nouvelles, des études ponctuelles d’écarts forcément insolites ?

C’est un état d’esprit des savoir-faire qu’il faut acquérir, sans se laisser absorber ou dépasser par les restitutions automatisées, graphiques et multicolores !

La Rédaction Analyses Expert : Diriez-vous alors que la numérisation, la digitalisation, et les capacités d’échanges de données constituent-elle un frein ou un atout pour les contrôleurs de gestion ?

Un atout, bien sûr ! C’est dramatique de manquer d’informations, de perdre beaucoup de temps à collecter, mettre en forme, contrôler ou corriger l’information. Mais c’est surtout un traitement et une mise en forme de l’information.

« La forme, c’est que du fond qui remonte à la surface » (Victor Hugo), les moyens techniques doivent donc permettre d’éliminer les temps consacrés au rassemblement et à la synthèse des données. Mais, libéré de ces tâches obscures, le contrôle de gestion n’en doit que davantage accroître sa capacité à faire parler les chiffres, et aiguiser ses talents d’analyste et de communication : « faire parler les chiffres » et « savoir parler des chiffres ». Mieux, il doit organiser une animation de gestion qui développe la culture économique, et permettre aux acteurs opérationnels de s’approprier les données et les analyses, par exemple par une mise à disposition en ligne.

La Rédaction Analyses Expert : La reconversion massive de comptables en contrôleurs de gestion est-elle aisée ?

Oui, car ils ont indéniablement déjà la rigueur et la culture des chiffres. Leur challenge est de développer leur capacité à prendre du recul par rapport aux données et aux activités. En formation, on repart de leurs réflexes métiers pour construire des prévisionnels, des business plans, etc…

La Rédaction Analyses Expert : Et pour les autres fonctions, les fonctions opérationnelles, qui accèdent au contrôle de gestion ?

C’est de plus en plus fréquent, et il s’agit là d’une autre démarche de l’entreprise : il s’agit de demander à des acteurs de terrain, qui ont déjà fait et expérimenté, de savoir synthétiser l’activité et souvent aussi accompagner son évolution. Ils sont excellents pour réfléchir à la modélisation économique, aux paramètres à suivre, et on les amène vers le juste nécessaire de culture financière.

Comptables ou Opérationnels, la condition de départ reste de s’approprier la démarche ‎du contrôleur de gestion, et c’est ce que je travaille avec eux en formation : les prérequis sont une certaine curiosité intellectuelle, l’envie de comprendre, le bon sens économique, mais aussi l’intérêt pour dialoguer avec les collègues, aider, accompagner, rendre service, et réfléchir aux évolutions. Sur cela, on peut construire et donner les clefs d’une progression rapide dans la fonction.

Éric JANKOWSKI
Directeur Administratif et financier
Groupe ATENA
Animateur du Cycle Certifiant CP FFP « Contrôleur de gestion : piloter la performance de l’entreprise » éligible au CPF par son inscription à la LNI (Liste Nationale Interprofessionnelle)

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