3 conseils pour prévenir la fraude et la corruption en entreprise !

Rédaction Analyses Experts : Quels sont les challenges actuels auxquels sont confrontés des directions comptables et financières en matière de fraude et de corruption ?

Hervé ZANY : Les entreprises ont été de tout temps confrontées aux risques de fraude aux états financiers comme aux détournements d’actifs, de moindre importance mais plus fréquents. Cela reste vrai mais de nouveaux risques sont apparus avec le développement exponentiel de la cybercriminalité qui exploite de nouvelles vulnérabilités. Elle a par exemple remis au goût du jour les fraudes aux faux virements (autrefois, de simples fax contrefaits adressés directement aux banques). Par ailleurs, l’environnement législatif évolue et la lutte contre la corruption renforcée par la Loi dite « Sapin II » crée des obligations nouvelles pour les entreprises concernées en matière de mise en œuvre de procédures de prévention et de détection spécifiques. Si pour les grandes entreprises il ne sera pas difficile de mettre en œuvre les quelques ajustements novateurs que le texte impose, en revanche, de nombreuses ETI ne sont pas encore prêtes au « carcan » qu’impose la Loi depuis juin dernier.

Rédaction Analyses Experts : L’impact et l’importance des fraudes est-il préoccupant pour la bonne gestion des entreprises ?

Hervé ZANY : Sans aucun doute et à plusieurs titres. D’abord, les attaques externes menacent désormais des entreprises de toutes tailles qui peuvent, dans les cas extrêmes, être acculées à la faillite alors qu’auparavant elles étaient surtout confrontées à des fraudes internes dont l’impact était plus contenu. Ensuite, en cas de manquement constaté, les nouvelles obligations en matière d’anti-corruption ouvrent la voie à une nouvelle forme de préjudice financier : les sanctions pécuniaire et réputationnelle.

Rédaction Analyses Experts : Quelle est l’importance de la formation professionnelle face à cette évolution des risques ?

Hervé ZANY : Elle est essentielle. Tout d’abord il faut faire prendre conscience qu’il ne sert à rien de vouloir faire de l’antifraude si un bon contrôle interne « classique » n’est pas correctement assuré. Ensuite, prévenir la fraude commence par la sensibilisation et la formation des équipes comptables et financières pour accroître leur niveau de vigilance et leur degré de scepticisme professionnel.  Il faut absolument diffuser la connaissance de la typologie des risques et l’interprétation des présomptions ou indicateurs de fraude usuels. Enfin, apprendre à régir dans les meilleurs délais en adoptant les bons comportements en cas de suspicion de fraude ou de fraude avérée, sous peine de risquer d’empirer la situation et de minimiser les chances de recouvrement du préjudice.

Hervé ZANY
Certified Fraud Examiner
Financial Intelligence & Processing

 

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